Mercredi dernier, j’étais à Paris pour des peintures sur vitres.
Il s’agissait d’une prestation en duo avec ma collègue Sandrine de Atelier Symbel pour un évènement d’entreprise qui avait lieu le lendemain. C’est à dire qu’on n’avait pas le droit à l’erreur quoi.
Je vous raconterai les détails de la prestation, le pourquoi du comment dans un autre article.
Là je vais vous narrer les mésaventures et les petits … désagréments dont certains nous ont mis en difficulté et d’autres qui auraient carrément pu annuler la prestation.
Déjà, j’ai failli ne jamais pouvoir venir… Ça commençait plutôt pas super trop bien.
Gros problèmes de train sur toute la semaine, j’ai pris la décision d’arriver la veille à Paris (merci mes Grands-Parents d’avoir acheté un appart à Paris dans les années 50) pour être sur place le jour J et n’avoir que le métro à prendre. Heureusement, car un incident à la gare pas du tout prévu m’aurait carrément empêché de partir mercredi matin. Je l’ai méga échappé belle.
Ensuite, j’ai failli ne pas pouvoir faire la presta pour cause d’escabeau trop petit.
Alors… Oui, j’étais trop confiante en mes 1m73 et demi et dans mon escabeau 2 marches. Il se trouve que les dimensions des visuels ont été fortement revues à la hausse (v’là agrandies quoi), et que j’ai oublié de le prendre en compte. Ça m’apprendra remarquez. Mais grâce aux problèmes de trains et ma flemme, j’avais décidé de prendre l’escabeau de l’appart, qui était 2 fois plus grand.
Du coup mercredi matin, si vous avez croisé un escabeau dans le métro, j’étais derrière.
Pour continuer (ben oui sinon ça ne serait pas marrant), mes feutres ont décidé de faire grève.
Je ne savais pas qu’il existait un syndicat des feutres, des conditions de travail de la peinture, mais alors que les tests chez moi se sont super bien passés, le jour J catastrophe. La peinture habituellement bien opaque avait décidé de se la jouer transparente, et de faire des grosses dégoulinures. Panique à bord, Camille en sueur. Je continue coûte que coûté, pas le choix de toute façon.
Et puis assez rapidement heuresement, le miracle. La peinture décide de reprendre ses esprits et de prendre une consistance NORMALE.
Sauf pour un mélange avec lequel j’avais déjà bien galéré chez moi pendant les tests, mais j’avais amené en secours une solution de repli (je me remercie d’avoir eu cette présence d’esprit) qui n’était pas parfaite mais qui nous a sauvé la mise.
Sachant que pour peindre ces visuels, à cause de l’effet de parralaxe du à l’épaisseur de la vitre, je vois double. Principe d’optique que je ne vais pas développer ici, mais si vous positionnez deux doigts l’un derrière l’autre, quand vous en fixez un, vous voyez l’autre double. Même principe pour les vitres double vitrage. Donc je passe tout le temps à dessiner avec la paupière droite fermée. Autant dire que j’ai mis 2h à revoir net de l’oeil droit et que ma paupière droite est plus musclée que mes abdos.
Ça c’était pour les visuels “faciles”. Entendez : pas trop haut, avec le calque de l’autre côté de la vitre pour travailler en transparence.
Viennent ensuite les grands visuels sur les grandes baies vitrées qui donnent sur un patio intérieur avec un niveau encore en dessous de nous.
Pour ces visuels, comme nous n’avions pas accès à l’autre côté de la vitre, nous avons utilisé la technique du transfert à la craie, en faisant plein de petits trous le long des lignes (très très long), et en tamponnant de la poudre de craie pour fixer le tracé sur la vitre (à travers les petits trous donc).
En théorie : super méthode.
Sauf que. Ah ah ah.
Les trous étaient si fins que les pointillés étaient très compliqués à voir. Ajoutez à cela un fond blanc et lumineux qui rend la visibilité extrêmement compliquée, le haut du visuel à 2m70, et le fait qu’on ne pouvait pas approcher l’escabeau à moins de 60cm de la vitre, c’était pas la réalisation la plus confortable de ma vie.
Jugez par vous-même sur la photo…
Appuyée sur la vitre avec littéralement DEUX doigts, avec une grande confiance dans la solidité de la vitre, vu la hauteur du patio …
Moi qui était très confiante en me disant qu’on était laaarges, entre les caprices de la peinture et la visibilité compliquée, on a perdu pas mal de temps, mais on a réussi à terminer à temps !
Sur les rotules, mais à temps.